La Redoute et les 3 Suisses ferment leurs réseaux de magasins physiques : stratégie ou erreur stratégique ?

Tout le monde est unanime pour dire que le cross canal est LA tendance web d’aujourd’hui et de demain. Fort de ce constat, les Pixmania, Cdiscount et d’autres pure players ont commencé à développer leur propre réseau de points de vente, afin de faire face à un mode de consommation en pleine mutation.

Paradoxalement, les deux grands acteurs de la VPC en ont décidé autrement : les magasins la Redoute et 3 Suisses sont en cours de fermeture de leurs magasins physiques. Pourquoi une telle décision ?

Le vrai générateur de business pour ces deux enseignes est la VAD (vente à distance). En effet, en 2010, 80% du chiffre d’affaire de la Redoute a été réalisé grâce à son site e-commerce (source : FEVAD). Existerait-il donc une exception à cette tendance de fond qu’est le cross canal ?

Les études montrent qu’à plus long terme, les consommateurs ne se tourneront vers les sites marchands qu’en cas de préparation d’achat ou en cas de dernier recours (« je ne le trouve nulle part en magasin, je vais le commander sur internet »). Ils privilégieront d’abord les points de vente pour des raisons économiques (pas de frais de livraisons), temporelles (immédiateté du produit) et sécuritaires (assurance de la bonne qualité du produit, acheté après l’avoir essayé/touché).

C’est donc une décision pour le moins étonnante. Le groupe 3 Suisses explique vouloir privilégier leur politique de point relais indépendants (4300 en France). Pourtant un point relais ne remplacera jamais un magasin, un vendeur, un conseil, une expérience d’achat…

On peut penser que leur image de VPCiste ne leur a pas permis d’imposer à date d’aujourd’hui un modèle de point de vente physique auprès du consommateur. Maintenant il faut prendre cette décision avec du recul. Elle ne présume en rien du futur, et le  rachat d’un réseau de magasins déjà en place n’est pas impossible… quand on a de l’argent !

2020 sonnera-t-il la fin de l’e-commerce ?

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Source : la FEVAD, étude rédigée par Catherine Barba 2020, la fin du e-commerce


15 ans en arrière, la distinction entre l’E-Commerce et le commerce physique était bien claire. Mais aujourd’hui, qu’en est-il vraiment ? Selon la FEVAD, le consommateur a supprimé cette frontière. Le « E » fusionne avec le « Commerce » (physique). Mais revenons en arrière…

Du multi-canal au cross canal

En 1997, internet arrive tel un miracle de la consommation, avec ses grands acteurs tels que Amazon, suivi de Ebay ou encore Rueducommerce. C’était le début du multi-canal. Et voyant l’engouement autour de l’achat en ligne, beaucoup de marques et d’enseignes ont voulu se lancer dans l’E-Commerce considéré alors comme l’avenir de la vente de détail. Beaucoup d’ailleurs y sont allées en occultant totalement leur réseau de revendeurs voire même leurs magasins propres.

Or, les récentes études ont clairement montré que cette vision du web était réductrice. Et beaucoup commencent à comprendre seulement l’intérêt réel de ce fabuleux outil.

Après avoir multiplié les canaux de vente, les entreprises commencent à les faire communiquer. Le cross canal est né !

Pas d’avenir sans magasin !

L’avenir consiste à utiliser Internet comme un média de communication et un outil de vente pour l’entreprise entière (y compris ses points de vente) et non seulement comme une simple plateforme E-Commerce.

Certains pensent même qu’un site E-Commerce sans magasin n’a pas d’avenir. C’est le cas notamment d’ex pure players comme Pixmania (cf Pixmania marque le coup pour l’année 2012), qui déploit petit à petit son propre réseau de magasins physiques. Reste à savoir si la présence de magasins physiques ne va pas altérer leurs prix, car tenir un réseau de magasin coûte cher…

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